Ramata est un roman d'Abasse Ndione, paru en 2008.
Ce roman nous amène au Sénégal, à extrémité ouest de l'Afrique, où la terre se perds dans l'Atlantique. Nous croisons les pas de Ramata, femme originaire du contexte le plus pauvre de fille excisée dans son village natal reculé, qui deviendra en charmant un jeune homme riche et plein d'avenir, une des femmes les plus remarquables et méprisables dont vous aurez entendu parler.
Dans ce roman ponctué d'histoire sur le pays, avec l'origine des Lébous, ethnie importante de cette région, de superstitions et contes locaux, nous suivrons l'histoire de Ramata et de son entourage, voués a une fin funeste.
Cette dernière, née dans un village reculé, fut comme il est cité précédemment, excisé dès son plus jeune âge, comme il est encore souvent malheureusement le cas dans cette région du monde. Partie à la ville pour étudier, c'est avant son baccalauréat, que lors du manifestation, elle croise la route de Matar Samb, héritier d'une société, plein d'avenir, et riche a milliards (de francs cfa). Ce dernier tombe éperdument amoureux d'elle et décide sur le champ de l'épouser. Ce mari digne et attentionné lui apportera une vie de richesse, et de gloire, car il arrivera très haut dans la hiérarchie, jusqu'au poste de ministre de la Justice.
Mais Ramata, a grandi et mûri pour devenir selon les mots de son créateur la femme d'entre les femmes, déesse vivante de la vie, si belle qu'on ne pouvait que la désirer. Cette beauté toutefois ne lui est qu'un cadeau empoisonné, car si elle attise le désir de tous, elle ne peut, du fait de sa mutilation, et peut être de déformations innées, assouvir son propre désir, et aucun homme ne la comble. Et Ramata, contrairement a d'autre, ne se tiendra pas à cette insatisfaction, et couchera à l'insu de son mari avec tous les hommes de son entourage, y compris le meilleur ami de ce dernier.
C'est d'ailleurs en se rendant chez cet homme, son gynécologue, M.Gomis, qu'elle sera refoulée a l'entrée du dispensaire par un gardien trop précautionneux. Ce dernier sera tué par la faute de Ramata, et tout le livre semble imprégné de l'esprit vengeur de cet homme. En effet, aucun des protagonistes ne survivra, mais les circonstances de leurs morts seront racontées par la suite.
Après le meurtre de Ngor Ndong, qui est le gardien du dispensaire, par les policiers envoyés par Ramata, son mari s'inquiète de sa réputation et du coup que ce scandale pourrait porter a sa carrière.
Il a alors recours à Jackson, un colosse, qui, en lui extorquant au passage de l'argent, étouffe l'affaire.
Jackson sera le premier de la liste des morts, victimes du "mauvais sort" environnant le décès de Ngor Ndong premier du nom. Jackson mourra en s'enfuyant de la demeure de sa maîtresse, chassé à coup de pistolet par le mari de cette dernière, et finira sa vie paraplégique avant de s'éteindre misérablement.
Certains auront remarqué le "premier du nom" au sujet de Ngor Ndong. C'est parce qu'en effet ce dernier eut un fils, qui, promit a une brillante carrière tomba dans la délinquance peu à peu, en volant, tuant et finalement violant. Ce fils, qui porte le même nom que son père, volera un taxi et croisera le chemin de Ramata par une nuit sombre. Il la viole, et s'enfuit. Celle ci ressenti pour la première fois du plaisir, et le retrouva. C'est alors que la nature terrible de Ramata fait surface. Elle détruisit tout son entourage, de part sa nécessité de vivre avec Ngor Ndong, bien que se dernier la trouve étrange et même effrayante. Il la fuira et mourra dans des conditions affreuses. Mais Ramata tombe à cause de lui dans la folie, et finit par avouer ses adultères et mensonges a son mari. Le pauvre homme se suicida.
Pour sauver l'honneur, sa sœur, femme d'affaire émérite, mentit sur les circonstances, bien qu'un gardien fuita et vendit ces informations confidentielles à un journal à scandale. Ce gardien fut torturé affreusement et tué (il ne fait décidément pas bon d'être gardien dans ce roman).
Et alors que Ramata tombe tout a fait dans la folie, isolée dans le bar préféré de Ngor Ndong, oubliée par sa famille, c'est au tour de M.Gomis de mourir touché par l'esprit vengeur.
La volonté et le besoin que Ramata éprouvait pour cette Ngor Ndong firent ainsi chavirer sa vie, qu'elle finit folle, muette. Elle causa aussi la perte de toute sa famille, et mourut oubliée, dans la misère.
C'était un court résumé de Ramata, car certains personnages et anecdotes qu'il n'était pas nécessaires de mentionner ici prennent également de l'importance dans le récit, et le meilleur moyen de se faire soi même sa propre idée sur le roman est de le lire. C'est donc ce que, à titre personnel, je vous conseille de faire, car j'ai trouvé cet ouvrage intéressant et appréciable, malgré mes goûts et avis personnels.
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