jeudi 23 avril 2015

Ramata une critique sociale aux diverses interpretations

Ramata d'Abasse Ndione est en effet pour moi, si on doit voir ce roman sous l'aspect du regard porté par l'auteur sur le monde contemporain, une critique sociale.
En effet, les travers de la sociétés dénoncés sont multiple:
- La course à l'argent. Cette dernière est très visible dans le pays défavorisé qu'est le Sénégal, à travers la corruption, de Jackson qui achète docteurs et familiers, et son trafic, où il garde 10 000 000 de francs cfa. La bêtise du frère de Ngor Ndong, premier du nom, est révélatrice du pouvoir de l'argent;
On peut également voir cette course à la richesse dans le mariage intéressé de Ramata.

-Le manque de morale. En effet, cette critique peut être aperçue, aussi bien à travers que les diverses corruptions précédentes, que dans les adultères constants et inavoués de Ramata. Cette dernière fait preuve d'un manque de morale consternant, en trompant sans relâche son mari, et en utilisant, gaspillant des richesses dans un pays touché par la pauvreté.
De plus, de nombreux méfaits, tels que le braconnage, ou encore la torture et le meurtre impuni du gardien (celui de la maison de Matar Samb ayant fuité sur les circonstance de la mort de ce dernier), ou encore le viol de Ramata, dénonce peut être dans ce pays d'Afrique, ou dans toute la société, des crimes, violences et anodins, auxquels on ne prêtes pas assez attention, qui sont trop acceptés par la société. Dans le cas du meurtre du gardien, il y a aussi la dénonciation du trop grand pouvoir des grands de ce monde, qui peuvent a leur guise mutiler et tuer un homme les dérangeant.

Ainsi, à travers une intrigue principale romanesque, on pourrait voir une critique, calculée ou non par l'auteur, qui en livrant sa perception de notre société, dans le cadre d'une histoire, nous montre travers et problèmes, vices des hommes de notre temps.

L'auteur se base également tout au long de l'histoire sur des superstitions Sénégalaises, qui peuvent, selon le point de vue accordé a l'histoire, en changer la compréhension: pour un esprit Cartésien, les superstitions (le pécheur s'ôtant un œil) et les coïncidences plus qu'improbables (Ramate tombe amoureuse de son violeur, lequel est le fils de l'homme, portant d'ailleurs son nom, qu'elle avait fait tuer 50 ans auparavant) gâchent la partie réaliste auparavant observée dans le roman.
Mais pour des individus élevés dans ces superstitions, elles apportent plus de vérité, de naturel, et confortent le récit dans la société Sénégalaise.
Certains récits de ces contes et rumeurs sont cependant si improbable que j'en viens a me demande si l'auteur n'a pas souhaité quelque part rendre compte du manque de d'éducation qui touche une partie de la population, qui croirait volontiers à la possibilité de s'ôter un globe oculaire pour voir au loin, et encore une fois continuer la critique et la dénonciation possible cachée dans le texte.

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