dimanche 19 avril 2015

Ramata est jusqu'à présent une œuvre réaliste pour tout le monde.

En effet, Abasse Ndione commence sont roman avec des indications temporelles "Le samedi 3 avril, veille de la fête nationale" et il nous informe sur la saison "l'hivernage commençait fin mai-début juin". Tout au long du roman, l'auteur parle du Sénégal, de sa capital. Il présente des lieux réels tel que l'hôpital "Le Dantec", "Daniel Sorano", " l'aéroport Léopold Sédar Senghor". L'auteur fait référence au vêtement traditionnel "le boubou", à la nourriture locale "calebasse remplie de bouillie de mil", aux mœurs et coutumes(excision de Ramata) de son pays. Abasse Ndione parle aussi d'événements qui se sont réellement passés comme la démission de Léopold Sédar Senghor le 31 décembre 1980. L'auteur raconte également l'histoire des villages tel que Sangalcam.

On peut donc en conclure que pour écrire son roman Abasse Ndione, comme Zola et les autres participants du réalisme, a observé le monde autour de lui et a étudié le rythme de vie, les habitudes, les croyances des habitants du Sénégal qu'il doit tout de même bien connaitre en tant que sénégalais. L'auteur c'est aussi renseigner sur les événements qui se sont déroulés dans son pays, sur la création des villages pour nous décrire le plus fidèlement le Sénégal.

Mais je trouve que comme le dit  Marie- Liesse, le "réalisme de ce livre a une limite", je dirais même des limites. En effet , la beauté spectaculaire de Ramata parait surnaturel, on a du mal à imaginer une femme au corps si parfait et à l'allure si élégante.  Par dessus cela, plusieurs épisodes de ce roman me semblent exagérés et peu plausibles.
Tout d'abord, la capacité que possède Jackson à étouffer n'importe quelle affaire; le fait que Matar Samb le connaisse et surtout que la mort de Ngor Ndong arrive à ses oreilles sans que nul autre ne soit au courant me semble particulièrement extraordinaire. D'autant plus que l'on sait qu'à Dakar, les nouvelles circulent extrêmement vite. Jackson est ici un super héros pour avoir réussit un si grand exploit en si peu de temps.
Puis, la rencontre de Ramata et Matar Samb est si rapide, leur mariage s'organise si précipitamment, le coup de foutre qui se passe (spécialement pour Matar) relève du conte de fée. En plus de cela, Ramata tombe sur l'homme idéal, un réel prince charmant. Il est absolument galant: il "l'a sauve des matraques des sales flics", il est beau : "il présentait même très bien; il était grand, athlétique, les traits de son visage rond étaient réguliers, il était jeune.". Matar l'a complimente sans cesse : "vous êtes un flatteur", il est gentil: "et à votre gentillesse sans bornes", il est riche: "j'ai hérité de sa fortune. "et il l'a couvre de cadeaux: " il y avait de quoi remplir une armoire à six battants.". Mais par dessus tout cela, Matar est fou de Ramata, il l'aime tellement qu'il ne peut vivre sans elle.
Pour finir , le fait que l'homme qui arrive à sortir Ramata de sa frustration et qui parvient à la rendre heureuse n'est d'autre que le fils du gardien tuer par la faute de cette dernière est une coïncidence bien trop grande pour être réelle.

Ramata est sans aucun doute un roman réaliste mais il y a tout au long de l'histoire des événements qui interrompent cette ambiance.  

1 commentaire:

  1. Je ne suis pas d'accord avec ton raisonnement. Matar Samb n'est pas « l'homme idéal », il est peut-être « beau », « jeune », « gentil » et « fou de Ramata » mais il n'arrive pas à la satisfaire. Ce mariage est presque arrangé ce qui est arrive dans le monde où nous vivons, par le fait qu'il est décidé rapidement et ne laisse pas Ramata peser réellement ses sentiments à légard de Matar Samb et donc par conséquence, sa décision. Cela prouve que malgré tous les artifices que lui procure sa nouvelle vie, cela ne défini en rien le fait d'être heureuse. Selon moi cela ne révèle pas d' « un conte de fée » car ce sont des choses qui arrivent dans la vraie vie. Le réalisme n'a pas de limites tant qu'il raconte des événements qui peuvent se dérouler en réalité. Il n'y a donc pas selon moi de « coïncidence bien trop grande pour être réelle » et Jackson est tout sauf un super car il tire profit des plus faibles pour son propre intérêt et « son exploit » est bien quelque chose qui arrive et dans ces conditions il doit se faire « en si peu de temps ». Ce souci du temps est selon moi la preuve du réalisme de cette œuvre.

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