Le samedi 3 Avril, sous une pluie
« obstinée et glaciale » Diodio, patronne du « Brise de
mer » découvre dans la cour de son bar le corps d’une vieille femme,
« morte dans son assoupissement ». C’est alors que le narrateur,
assis au bar, se met à écouter l’histoire de la vieille femme qu’ils appellent
là bas « jolie madame », en échange de nombreux verres de vin. Tout
le roman est en réalité le récit de Gobi, alcoolique habitué du « Brise de
mer », qui raconte l’incroyable vie de Ramata Kaba.
Ngor
Ndong est un gardien sérieux, un homme admirable, pointilleux, qui exécute les
consignes de travaille minutieusement. Ministre ou pas ministre, on ne rentre
que pendant les heures de visite. Lorsque Ramata Kaba, épouse du procureur
général, se présente devant la grille en lançant « Gardien, ouvre, je veux
voir le professeur Gomis. », le bon gardien lui rétorque simplement qu’il
lui faut alors un laissez-passer de ce dernier. Agacée, offensée, elle sort de
sa luxueuse Mercedes et, à l’aide de sa chaussure à talon, lui entaille
l’arcade sourcilière. Ngor Ndong est arrêté par la police dans la soirée et
meurt entre leurs mains, faisant de Ramata une meurtrière. Lorsque Matar Samb, procureur général et
époux de Ramata Kaba apprend la nouvelle, il refuse d’abord de croire que sa
femme pourrait lui avoir menti. Mais,
pour assurer la continuation de sa belle carrière, il n’a pas d’autre choix que
de faire face à la situation et d’étouffer le meurtre de sa femme à l’aide de
billet de banque et grâce au « grand Jackson ». C’est ce « grand Jackson » qui sauve
donc la carrière de Matar Samb et la liberté de Ramata Kaba, mais qui
« gâche » sur son passage, au moyen de la corruption, un grand nombre
d’existences. Un peu plus loin dans le roman, Jackson se fait assassiner par le
mari de la femme qu’il fréquentait en cachette. C’est alors la deuxième
personne à mourir autour de Ramata Kaba, après Ngor Ndong. Mbagnick Ndong, le frère du gardien, rentre
lui à Sangalcam et annonce la nouvelle au village. « Ngor Ndong est
mort d’une maladie fulgurante : elle l’avait attaqué au milieu de la nuit,
au petit matin il était mort ! ».
Un
beau matin, vingt ans plus tard, Ramata Kaba a totalement « oublié
l’incident et n’a jamais retenu le nom du gardien ». Un beau matin, elle
devient grand-mère, et se précipite à l’hôpital pour voir son petit fils. Avant
de quitter l’hôpital, la voiture de l’héroïne tombe en panne et celle-ci se
voit obligée de rentrer en taxi. Soudain, une manœuvre brutale du chauffeur lui
fait ouvrir les yeux, le taximan n’emprunte pas la bonne route. Ramata,
paniquée, se met à menacer le chauffeur. Terrorisée, et voyant que les
hurlements stridents qu’elle pousse s’avèrent inutiles, elle change de tactique
et promet au chauffeur de lui donner tout ce qu’il voudra. Mais il n’y a rien à
faire, le taximan la brutalise, puis la viole. Dans un premier temps, Ramata ne
cesse de se débattre, refuse de se laisser « souiller » par
« cette bête à la respiration sifflante ». Puis, vaincue, elle n’a
d’autre choix que de se laisser faire, et, aussi surprenant que cela puisse
paraître, elle fini par s’évanouir de plaisir, avant de se réveiller, seule sur
le sable, et de crier tout haut « Je le retrouverai ! ».
Ramata,
armée d’une boîte d’allumette où est inscrit le nom du chauffeur et de son
village, demande à Ibnou Faye, commandant de la brigade de Rufisque, de
retrouver Ngor Ndong, un homme qu’elle aimerait remercier car il lui
aurait sauvé la vie. Les gendarmes paraissent alors étonnés car ils connaissent
le passé de bandit qu’a le jeune homme. Mais ils n’ont d’autre choix que de
venir en aide à « Madame le ministre ». Une fois Ngor Ndong amené au commissariat,
Ramata le fait monter dans sa Jaguar, avant d’emmener le jeune homme terrorisé
dans un petit hôtel, « Le chez vous ».
Ramata
est en réalité une femme frigide, excisé lors de son enfance au village. Ngor
Ndong, lui est le fils du fameux gardien, né après la mort de son père, et
élevé par son oncle alcoolique. Son enfance, pleine de divers traumatisme,
explique son comportement actuel, qui semble avoir pris une véritable ampleur à
partir du jour où il a tué sa mère et son amant, en mettant un serpent dans
leur lit…
Ramata
reste enfermée avec Ngor Ndong dans une villa qui lui appartient sur la
Corniche Est. Au bout de deux semaines, celui ci est envahi d’un impérieux
besoin d’évasion, et ne comprend toujours pas l’attitude de la femme. Pourtant, Ramata pense lui offrir tous ce
dont il a besoin, en plus d’une villa luxueuse et de nombreux cadeaux (chaîne,
millions de FCFA), mais aucun de ces cadeaux ne semble le rendre heureux. Il
lui avoue enfin « J’étouffe ici, je veux aller respirer l’air du
Copacabana ». Soucieuse de ne pas perdre celui qu’elle aime tant, Ramata
accepte de l’accompagner au bar Copacabana. Elle y rencontre Golda Meir, la
patronne du bar et passe la soirée avec des amis de Ngor Ndong, dans une
chambre, à boire jusqu’à être complétement saoule.
Matar
Samb, qui travaillait paisiblement à son bureau, reçu un coup de téléphone de
l’adjugent chef Ibnou Faye qui lui annonça que sa femme, Ramata Kaba, avait
était retrouvé en état d’ivresse lors d’une rafle au bar Copacabana, à
Diamniadio. Le procureur, devenu ministre d’Etat, refuse de croire que sa femme
lui aurait menti, elle qui devait être en voyage depuis deux semaines. Il finit
malgré tout par se rendre au commissariat où il retrouve sa femme, que le
gendarme lui conseille de surveiller. Matar Samb ramène alors sa femme à la
maison, et remarque, plus dépassé que jamais, qu’elle est pieds nus. Les deux
époux ne se parlèrent pas une seule fois dans la voiture, puis, une fois
arrivés chez eux, Matar, furieux, demande des explications à sa femme, qui
finit par tout lui avouer : elle ne l’a jamais aimé, et reste avec lui
uniquement pour ne pas le blesser. Le seul qui parvienne à la combler, c’est
Ngor Ndong, et elle rajoute en s’exclamant « Je suis devenue son
esclave ! ». Matar Samb
s’évanouit, et se réveille douloureusement en criant haut et fort que Ngor
Ndong est mort, et bien mort. Le lendemain, Ramata, Dieynaba la sœur de Matar
Samb et le professeur Armando Gomis découvrent le corps pendu du ministre dans
leur appartement. Tous les trois sous le choc et dans l’incompréhension, (sauf
Ramata bien sûr), ils parviennent quand même à dissimuler le meurtre de Matar
Samb pour ne pas entacher sa réputation, et toute la presse affirme que le
ministre est décédé d’une crise cardiaque. Ramata Kaba, nouvellement veuve,
n’en peut plus de rester entouré de sa famille et de celle de Matar Samb et
affirme qu’elle va « faire un tour en voiture ». En réalité, elle se rend au Copacabana, dans
l’espoir de retrouver celui qu’elle aime, Ngor Ndong. Elle y retrouva Golda
Meir, à qui Ngor Ndong avait fait promettre qu’elle ne dira jamais à « la
jolie madame » où il se trouve. Désespérée, Ramata lui demande où est son
amant, mais la vieille dame tient sa promesse et lui dit qu’elle n’en a aucune
idée. A partir de ce jour, Ramata, toujours dans l’attente de Ngor Ndong,
pourtant mort au Niokolocoba, deviendra folle, ayant tous les ans une crise, où
elle ne cesse de répéter son nom en se dénudant. Le reste du temps, elle ne
parle pas, reste assise, impassible. Le bar Copacabana déménage à Rufisque, et
devient le bar « Brise de mer ». C’est là bas qu’un soir, sortie pour
regarder la mer, Ramata Kaba meurt de froid dans son sommeil.
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