dimanche 12 avril 2015

Si le roman Ramata était un tableau, ça serait "Femme noire" de Titouan Lamazou


Bien que la femme représentée ne soit pas particuliérement jolie, elle incarne à mes yeux le côté africain de Ramata. En effet, Abass Ndione revient assez longuement sur l'enfance de Ramata au village, au côté des "trois sorcière". Ce tableau, de part les tresses, l'objet posé sur la tête de la femme et le style de peinture représente bien la Ramata traditionnelle comme en parle l'auteur à un certain moment. De plus, son enfance joue un  rôle majeur dans l'histoire, en particulier à cause de l'excision qui semble avoir, par la suite, avoir gâché une partie de sa vie (on peut d'ailleurs observer le regard triste et nonchalant de la femme peinte). Malgré tout, Ramata connait dans sa vie la richesse, représentait ici par le collier brillant qu'elle porte. 


Si le roman Ramata était une musique, ce serait "Xaliss nekhna" de Youssou Ndour

https://www.youtube.com/watch?v=0Ymzw0V3esA

Si le roman conte en premier lieu l'histoire de Ramata, Matar Samb, Ndor Ngon etc., il met aussi en scène une société sénégalaise entre abus de pouvoir et corruption. En effet, dès le début du roman, Matar Samb étouffe le meurtre de sa femme à l'aide de billets de banque. D'ailleurs, toute l'histoire tourne finalement en grande partie autour de l'argent : Matar Samb épouse Ramata un jour après lui avoir offert d'innombrables cadeaux, celle-ci devient par la suite riche, attire Ngor Ndong grâce à son argent, tente de le retrouver en payant les femmes du bar... Dans la chanson Xaliss nekhna ("l'argent c'est bon/bien") de Youssou Ndour, un des plus grands si ce n'est le plus grand chanteur sénégalais, celui ne cesse de répeter "l'argent c'est bon", "vous voulez de l'argent" "donnez nous de l'argent", sur un ton enfantin et donc ironique, bien sur. J'ai choisi cette chanson car elle illustre bien les propos de Matar Samb : "Les gens ont faim dans ce pays, ils s'achètent comme des beignets !". 


Si le roman était une odeur, ce serait l'odeur de la transpiration, de l'alcool et de la cigarette

Le bar où Ramata retrouve Ngor Ndong est un lieu majeur du roman. C'est en partie dans ce lieu que la vie de l'héroïne a basculé : elle y retrouve Ngor Ndong puis l'attend dans cet endroit jusqu'à la fin de ses jours. C'est un lieu décrit comme insalubre, qui sent la transpiration, l'alcool et la cigarette et qui marque une réelle rupture avec sa vie luxueuse (parfums de luxe...).

Si le roman était un goût, ce serait le goût de chocolat noir 99% de cacao

Car c'est un chocolat fin et sophistiquée (parce que rare) mais au gout très fort. Ramata est, de même, une belle et élégante femme, mais malgré tout gâtée et vaniteuse. 


Si le roman était un objet, ce serait un tissus de luxe qui pique à l'intérieur

Malgrè les apparences, Ramata n'est pas si riche qu'elle en a l'air, elle ne connait jamais le bonheur tout au long de sa vie, sans pour autant le faire voir à son entourage. Le tissus semble beau de l'extérieur, mais la personne qui le porte souffre. 








































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