jeudi 16 avril 2015

Ramata, le roman réaliste

Ramata, bien que ne s'ancrant pas dans la période traditionnelle du roman réaliste (XIXe siecle) peut toutefois, de part ses caractéristiques, s'apparenter à ce genre.

En effet, l'auteur, dès le "préface" avant que le barman ne commence à raconter l'histoire de Ramata, commence a livrer, des caractéristique du Sénégal : la pèche (le pécheur  "légendaire" dont l'histoire est raconté au début), les superstitions (la mer se manifestant à la mort de se même pécheur), les rues sales, malodorantes des quartiers reculés, ainsi que sur le temps, le climat et même l'agriculture (mention des "cultures vivrières").

Ensuite, des détails encore plus frappant peuvent nous montrer une possible appartenance au réalisme:
L'histoire du peuple Lébou, très détaillée, montre des recherches faites par l'auteur avant la rédaction du livre, la présence de lieux réels (Dakar, Sangalcam, Copacabana, St-Louis, le parc du Niocolocoba...) , la cohésion temporelle, avec le gouvernement.
De plus, des détails concernant les mœurs du pays, des caractéristiques, reviennent, et ont une part importante dans l'histoire : les taxis (qui interviennent dans le viol de Ramata), car-rapides, les superstitions, la corruption importante (Matar Samb et Jackson couvrant le meurtre du gardien), la pauvreté et la recherche intéressée de la richesse...

Ainsi, bien que l'histoire de Ramata, contrairement à un Zola, ne s’intéresse pas à une insignifiante vie lambda, mais à des intrigues d'une population riche et dirigeante, la présence e caractéristiques qui ancrent le récit dans le temps et l'espace, tout en respectant sa culture, peuvent nous permettre de classer ce roman dans le roman réaliste.

1 commentaire:

  1. Vos réflexions sur le réalisme dans Ramata sont très pertinentes. Massimiliano relève toutefois une limite de l'aspect réaliste, notamment par le portrait d'une beauté idyllique de Ramata par l'auteur. Il souligne ainsi qu'un point de vue précis de l'auteur est donné. Le réalisme rencontre-t-il des limites dans Ramata ? L'aspect hyperbolique de certaines descriptions est-il "compatible" avec un registre réaliste ?
    Quel est le point de vue narratif adopté dans ce roman ? Omniscient, interne, externe ?
    N'hésitez pas à rebondir sur les réponses des uns et des autres, et à vous lire, afin de nourrir un débat où plusieurs points de vue se côtoient ! N'hésitez pas à réécrire également... (Cf article sur le blog)

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